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Nathalie Elemento

« Lorsque j’ai vu les lieux, je me suis rendue compte que la nature, le domaine sont en eux-mêmes des images très fortes contre lesquelles il aurait été difficile de lutter....

« Lorsque j’ai vu les lieux, je me suis rendue compte que la nature, le domaine sont en eux-mêmes des images très fortes contre lesquelles il aurait été difficile de lutter. J’ai été frappée par l’aspect panoramique du domaine de Lézigno. C’était, pour ainsi dire, la définition du format paysage utilisé en peinture. Que fait-on dans un espace physique sans limites apparentes si l’on veut, du point de vue de l’artiste sculpteur, construire, et du point de vue du spectateur, s’y arrêter ? Comment opère-t-on dans un espace mental sans limites pour construire et ponctuer ? On oublie trop souvent que les cadres sont aussi construits en trois dimensions. On oublie la circulation possible à l’intérieur de leur « épaisseur », d’où le choix de la taille des sculptures. Même si les cadres sont comme des arrêts sur image, ils recadrent aussi le spectateur : une fois arrivé sur les bords, ils lui permettent un autre point de vue, celui du chemin parcouru pour les atteindre. Ils désignent et donnent à voir également.

L’inclinaison qui m’a intéressée se situe entre les deux cadres. Cette inclinaison-là parle plus du penchant (même si le mouvement exprimé est celui du recul), c’est le résultat d’une « coupure », d’un pli dans l’une des parties constituantes. Formellement c’est juste un angle, mais c’est un angle décalé grâce auquel le cadre tient, et qui, à cette échelle, crée des « coins ». D’où le sous-titre du troisième cadre : un coin tranquille. »