Objets de Traduction - l'exposition
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Objets de Traduction - Stéphanie Nava Dans ma pratique, le travail de dessin est un travail de traducteur couplé à une entreprise de montage. Il s’agit d’observer, de noter, de combiner puis de retranscrire sur la feuille ou le mur des fragments du monde. La mise en forme des images est avant tout issue d’un travail de repérage. Point d’apparition spontanée, mais une collecte portée par l’attention posée sur des détails, des postures, des situations, des coïncidences dont le potentiel poétique pourra être transposé en images. Ils seront les objets d’une traduction, soit, étymologiquement, d’un déplacement d’un lieu à un autre. Les quelques pièces réunies ici s’attachent à questionner ce qu’il advient durant ce « transport » entre les deux espaces, d’un réel à l’autre.
« Objet de traduction » est un projet pensé spécifiquement pour la grande salle d’exposition et de conférence de Lézigno. Portée par l’architecture du lieu, cette installation joue les différents niveaux proposés par le bâtiment, les ouvertures et passages entre espaces intérieurs et extérieurs. Dans cet espace si particulier, j’ai immédiatement eu le désir de reconnecter le haut et le bas, le paysage extérieur avec le confinement des anciennes cuves. Cette pièce s’articule entre deux points de vue : celui, sur la mezzanine, tourné vers le paysage donné à voir à travers la large ouverture vitrée et l’autre, à l’intérieur de la cuve en contrebas, face au mur où ce même paysage se trouve dessiné. Lien physique entre ces deux extrémités, un long tuyau se déploie en circonvolutions dans l’air au-dessus de la fosse. Lien tangible, ce boyau permet aussi de transporter la parole. Les mots de celui qui regarde les champs depuis la mezzanine peuvent par son entremise parvenir à celui qui contemple le dessin en dessous de lui, convoquant l’idée toute poétique du physicien italien du XVI° siècle Gianbattista della Porta: « Si quelqu’un fabrique des tubes de plomb extrêmement longs et prononce à l’intérieur quelques mots, et si un homme - pendant que ces mots sont dits - bouche l’extrémité du tube, et que la même chose est faite à l’autre bout, la voix peut être interceptée au milieu et enfermée comme dans une prison. Lorsqu’on ouvrira l’embouchure, la voix sortira... ».
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