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Présentation du Workshop

A l’heure de la globalisation, du rayonnement et de la fascination pour les mégalopoles contenues par l’émergence d’une certaine prise de conscience du pouvoir qu’exercent les nouvelles technologies sur les sociétés contemporaines. Comment imaginer notre cadre de vie sans un pessimisme grandissant ? Nombreux sont les articles et travaux qui tentent de nous mettre en garde face à l’arrivée massive des technologies dans nos modes de vie. Ils nous les présentent comme destructeurs de sociabilité, dévastateurs de notre environnement, voire même un danger pour l’homme. Laissant jusqu’à supposer une ère post-humaine. Peut-être que pour partie ils ont raison et que les mégalopoles de plus en plus nombreuses deviennent des lieux inhabitables.

Mais alors, peut-être aussi, que l’avenir des villes et des sociétés se situe à une autre dimension ? Sans chercher à apporter une réponse exhaustive, la réflexion menée tente d’explorer de nouvelles pistes et de proposer en quelque sorte une nouvelle culture. Une culture exploratrice qui se situerait dans la petite échelle. A la manière d’un manifeste pour une ville contemporaine, « NaNo City » cherche à retourner les problématiques, et voir si des émergences positives ne peuvent pas apparaître dans l’étude des nouvelles technologies à l’échelle d’un micro urbanisme.

Afin de ne pas s’évaporer dans de pures spéculations, et souhaitant prendre la mesure de cet enjeu, un site d’étude réel est choisi. Ce sera l’ancienne manufacture royale de Villeneuvette, dans le département de l’Hérault. Sa géographie et son histoire la situent très loin des grands champs médiatiques mondiaux. Elle pourrait au premier abord ne présenter aucun intérêt particulier. Trop petite, trop éloignée, trop mal desservie, trop peu équipée, trop peu aménagée, voire même trop en ruine… Et pourtant, tout est là. Cette cité d’environ 80 habitants emprise dans ses murs, semble posséder les prémisses de nouvelles figures de la modernité. Villeneuvette est née de l’implantation de moulins à eaux le long de sa rivière et elle reçut au XVIIe siècle, la reconnaissance de Louis XIV qui en fit une manufacture royale. Son statut d’exception la transforma, de simple lieu de travail elle devient lieu de vie et d’apparat. Des maisons sont construites dans son enceinte pour loger les personnes travaillant dans la manufacture, et un manoir de fabrique coiffe l’ensemble. Suivant les évolutions des techniques liés à la production de tissus, d’importantes modifications sont opérées dans la deuxième partie du XIXème siècle. De nouveaux ateliers mécanisés, une cheminée d’usine et une machine à vapeur empiètent sur les jardins à la française du XVIIIème siècle. En 1956, sa production cessa faute d’avoir su se renouveler, progressivement engloutie dans la mutation de l’industrie textile face aux nouveaux pays émergents du globe. Démunie de sa raison d’exister, la majeure partie de la manufacture fut laissée à l’abandon.

Cette ville pensée et construite à l’ère de la technique et selon des critères liés à la production mécanique, doit aujourd’hui trouver un nouveau sens. Passer de la technique à la technologie afin de préserver un cadre de vie exceptionnel tel sera l’enjeu de cette exploration. Ainsi le contexte n’offre pas connexion directe avec « NaNo City » conçu par le groupe OdescO et Alex Kilian1, proposant une « ville machine », régie par les nanotechnologies. Les fondements du projet tenteront un lien avec les propos du physicien Richard Feynman : « Plutôt que de diviser sans cesse la matière, pourquoi ne pas partir de l'infiniment petit pour construire quelque chose? ». NaNo city se révèlera être peut-être une des bases de la construction d’un avenir plus optimiste en accord avec notre horizon technologique.


Elodie Nourrigat & Jacques Brion
Architectes
Enseignants - Studio ADN de l’ENSAM